Aristide Durutte : terrorisme et terrorisés – lettre à des camarades enseignants (et syndiqués)

Pendant quelques heures après l’assassinat de Samuel Paty, nous avons pu croire que les gauchistes de tout poil avaient enfin pris conscience de s’être fait les auxiliaires de la barbarie totalitaire islamiste, et que « plus jamais » on ne les reprendrai à excuser les bourreaux ou calomnier les défenseurs de l’universalisme. Las. Leur silence fut de courte durée, et l’on voit de nouveau se déchaîner les partisans de la soumission, clamant que la liberté doit plier devant la fraternité – ce qui en dit long sur ceux qui se disent frères d’égorgeurs – et usant de nouveau de la reductio ad hitlerum comme savent si bien le faire les Clémentine Autain de ce monde. Malgré l’horreur, aucun des partisans de la « lutte contre toutes les discriminations » ne s’excusera pour s’être compromis aux côtés d’islamistes qui sont aujourd’hui le groupe le plus homophobe, sexiste et antisémite dans notre pays, ni pour avoir traité de fascistes les rares libertaires à ne pas avoir renié les racines anticléricales de l’anarchisme et du socialisme français. Voilà pourquoi nous reproduisons ce texte d’Aristide Durutte publié sur son excellent blog http://faut-le-dire.fr/.

Nous habitions un certain lieu de paix, d’expérience et de liberté, formé par une réunion de circonstances exceptionnelles. Habitué depuis notre enfance à manier la liberté et à vivre une vie personnelle, comment aurions-nous su que c’était là des acquisitions difficiles, comment aurions-nous appris à engager notre liberté pour la conserver ? nous étions des consciences nues en face du monde. Comment aurions-nous su que cet individualisme et cet universalisme avaient leur place sur la carte ?

Maurice Merleau-Ponty, Sens et non-sens, 1996

Depuis l’annonce des manifestations syndicales et de gauche «contre» l’assassinat du professeur le vendredi 16/10, on ne peut être que surpris par la tournure prise par certains discours d’organisations politiques ou syndicales. La déclaration de la FSU à Béziers évoque l’état des personnels enseignants : « sous le choc, bouleversés, horrifiés, sidérés, révoltés et tristes après l’assassinat barbare, lâche et sauvage d’un professeur » sans plus préciser ce qui s’est passé. On le serait à moins bien entendu. Mais enfin, ce drame a-t-il été fomenté par un fou en pleine crise ? Un halluciné des ‘arrières mondes’ ? Un dangereux nihiliste ? Aucune piste n’est mentionnée. On est juste sur l’évocation d’un …drame. Que l’on déplore… Le positionnement dans le biterrois n’a rien de particulier. Partout les syndicats (agglutinés) ont le même type de réponse : tout d’abord, on déplore ! Et on se drape dans la ‘dignité’. Exemple avec le communiqué de la CNT 78 : « nous combattrons sans relâche ces idéologies meurtrières et rétrogrades qui conduisent à de telles violences… » [1] Quelles idéologies ? aucune mention de l’assaillant ! Les mystérieux assassins ne sont-ils pas identifiables ?

Il serait tout de même légitime de se demander pourquoi la nature du crime n’est pas évoquée, pourquoi est-il aussi tabou – peut-être indécent ? – de dire qu’il s’agit d’un attentat islamiste… tout simplement ! D’autant que l’inévitable discours politique arrive tout de même en fin de partie après les déplorations habituelles et consensuelles.

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On apprendra dans la déclaration de la FSU ensuite que « face à ce drame horrible, chacun devra se montrer à la hauteur. » Se montrer à la hauteur ? De quoi s’agit-il puisqu’on n’a pas pu apprendre de leur bouche qui est celui qui a tué cet enseignant ? Évidemment et heureusement, nous savons d’après la presse qu’il s’agit d’un attentat islamiste. Que le terroriste faisait payer de sa vie à cet enseignant le fait d’avoir « sali » Mohammed, le prophète de la religion musulmane. Après avoir menacé des passants il s’est, après l’assassinat du professeur, rué avec son couteau sur les policiers qui voulaient l’appréhender avant d’être abattu. Il apparaît en cela qu’au delà du professeur il en voulait particulièrement au monde de celui-ci. Une façon de dire: « contre l’enseignant et son monde. » Ceci toutefois a été évacué par les syndicalistes.

Les auteurs de la déclaration s’en sont tenus à la déploration de l’horreur commise. Mais pourquoi donc jamais on ne parla de l’affrontement dans lequel – qu’on le veuille ou non – nous sommes entrés… depuis longtemps avec un ‘parti’ islamiste (en fait, plusieurs…) et le monde environnant ? Pourquoi donc ce silence sur cet affrontement si largement ressenti par la population.

On obtient la réponse à ce questionnement quand on apprend ce que signifie « se montrer à la hauteur ». Au delà de « l’appel à s’abstenir de toute récupération, […] et à respecter le deuil d’une profession meurtrie », on apprend que, selon la FSU, les «politiciens […] profitent de l’occasion pour avancer des discours de haine ou continuent sur la route du choc des civilisations, de l’affrontement communautaire, de la division…» En d’autres termes, contrairement à ce que beaucoup de gens croient, ce sont nos politiciens – ceux au pouvoir ? les autres aussi ? – qui dispensent leur haine et favorisent le choc des civilisations ! Et pas du tout les terroristes islamistes qui, finalement, avec leurs attentats, ne font probablement que se défendre de la haine dont ils sont l’objet. C’est en tous cas ce qu’on pourrait imaginer eu égard aux omissions et aux raccourcis faits dans le discours. Il est même indiqué que les politiciens sont, eux, offensifs et « prépareraient le terrain à des affrontements. »

On comprend à quel point le discours permet d’éviter d’évoquer les problèmes posés par l’islamisme que la grande majorité des gens ressentent en France comme un des plus graves problèmes posés par la société d’aujourd’hui mais que, précisément, les syndicats et les politiciens la main dans la main veulent faire passer sous le tapis. Voulant obstinément éviter de faire des vagues – comme la hiérarchie de l’Éducation Nationale! – ils retournent la réalité qu’il ne leur plaît pas d’analyser vraiment.

Quand il est précisé que « défendre l’école, c’est refuser l’ensemble des discours de haine, de stigmatisation ou de division qui crée un climat de guerre civile et d’incidents » on est renvoyé à la haine des politiciens puisqu’il n’est jamais question d’une haine venant d’ailleurs. Ils ne précisent pas à qui est destinée cette haine mais nous allons le deviner.

Est-ce qu’il faut voir là un oubli malencontreux ? Ou bien une maladresse de la part de ces syndicats ? Bien évidemment, on a plutôt affaire à une stratégie qui consiste à éviter de nommer les islamistes et en même temps à ne trouver de cible valable que chez certains politiciens qui, avec leurs propos haineux, seraient coupables de tout. Pour les nommer: l’extrême droite, RN en tête. Mais aussi au passage, il y a bien sûr tous ceux qui, n’étant pas dans ces catégories, sont malgré tout coupables d’avoir parlé de l’islamisme comme l’extrême droite. Ou… presque comme l’extrême droite. Ou… qui ressemble à un discours presque d’extrême droite ! Etc, etc.

D’une certaine façon, pour eux, s’il n’y avait pas d’extrême droite il n’y aurait pas d’islamisme ! seraient-ils tentés de dire. Or, on peut constater que, dans un pays comme l’Allemagne où il n’y avait pas d’extrême droite significative, ce sont précisément les attentats dans le pays et au-delà qui ont entraîné l’arrivée de celle-ci. De même dans d’autres pays du Nord de l’Europe. On peut – pour sortir de l’Europe – se demander quelle extrême droite existant au Nigéria, en Somalie, au Kénya, etc a pu provoquer la naissance du terrorisme islamiste là bas ? ( lire http://faut-le-dire.fr/index.php/2016/03/30/laicite-et-critique-de-la-religion/ )

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On pourrait se demander si les syndicalistes et gens de gauche qui prennent ces positions ne sont pas ultra minoritaires et surtout coupés du simple bon sens. Cependant, et comme toujours, il faut malheureusement constater que, s’ils le sont sans doute, ils ne sont pas si isolés que cela et qu’ils sont relayés complaisamment par beaucoup de médias. Au point que, quand on entend un professeur de base se plaindre de la situation dans l’Éducation Nationale, on est tenté de penser que celui-ci y va un peu fort, qu’il exagère ses problèmes: « Quand vous rapportez à votre syndicat que votre classe était au bord de l’émeute, entre insultes à la République et propos homophobes, et qu’on vous répond que vous n’auriez pas dû offenser leur croyance, que voulez-vous faire ? » [2]

On n’imagine pas toujours qu’en dehors de France il en va de même. Pire sans doute dans les pays anglo-saxons. Par exemple, dans le New York Times : « La police française abat un homme après une attaque mortelle au couteau dans la rue. » Une ‘banale’ « attaque mortelle » ? La première chose qui apparaît dans ce titre d’un article d’un des journaux les plus lus au monde est que la police française a tué quelqu’un ! Fait divers ?

Le Syndicat national de l’éducation britannique, compatit à la douleur des enseignants français sans évoquer non plus le crime lui-même. Tué par qui ? Pour quoi ? Aucune indication.

Au delà même de la gauche, la présidente de la Commission Européenne, la très ‘centriste’ (CDU allemande, quand même) Ursule von der Leyen qui se contente d’adresser ses « condoléances à sa famille [du professeur] et aux Français » sans évoquer les circonstances de sa mort. Manifestement, pour beaucoup de gens, il est indécent de mentionner l’islamisme comme l’agresseur et le coupable de ces forfaits.

Les partis de droite qui s’expriment de façon assez véhémente en dénonçant les assassins ne pourront aujourd’hui faire oublier qu’ils participent depuis des décennies à la complaisance avec les islamistes. Autant au sommet de l’État – complètement inactifs au pouvoir malgré le verbe martial de Sarkozy par exemple – qu’à la base dans les compromissions des maires avec les associations sur lesquelles ils comptent pour être élus.

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Revenons sur Terre. La haine la plus tenace, celle qui produit des massacres et des « assassinats barbares, lâches », comme dit le communiqué de la FSU de Béziers, ne vient pas principalement des « islamophobes » mais des assaillants de Charlie Hebdo, de l’Hyper cacher, du Bataclan, de la promenade des Anglais, etc (… on aurait du mal à tous les citer tant il y en a aujourd’hui !) cette haine devrait-elle s’éteindre d’elle-même quand on cesserait de la dénoncer comme s’il lui manquait du carburant pour continuer à exister ? Ne rêvons pas car « que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? » (Voltaire) il faudra bien admettre ce que la grande majorité des gens ont déjà compris depuis des lustres, à savoir que vis-à-vis des islamistes, on commence à peine, dans les sphères du pouvoir, à oser réagir …

Ce qui frappe, c’est qu’une frange d’illuminés nous clame régulièrement que la moindre dénonciation des attaques islamistes met à bas la …« dignité des musulmans » dans leur ensemble ! Ceux qui ont défendu l’incroyable Tariq Ramadan au temps de sa splendeur sont des spécialistes de ce ‘sport national’ qu’est l’anti islamophobie. Celle-ci fleurit surtout – mais pas exclusivement – dans les rangs de la gauche. Qu’elle soit extrême (Besancenot, …), plus ‘mesurée’ (Mélenchon, …) ou centriste ( Taché de LAREM, …). Et la manifestation de Paris du dimanche 18/10 a montré que les syndicalistes de l’UNEF par exemple ont été traités de collabos [3] par une partie de la foule indiquant que le vent avait peut-être changé de direction. Comme dit Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo et de la jeune Mila, on ne peut plus « être Obono et en même temps Charlie Hebdo. » Il ajoute que « l’indignation et l’émotion de certains [lui] sont insupportables » et déclare qu’il n’en peut plus de ceux qui défilent avec les islamistes du CCIF (Mélenchon et sa cour, en premier lieu) qui viennent maintenant « verser des larmes de crocodiles ». On ne peut être plus clair! (Même) son de cloche du coté de Christophe Naudin, professeur d’histoire et géo, militant libertaire et victime du Bataclan qui « …sature de ceux qui font ami-ami avec Tariq Ramadan, le Parti 4des indigènes de la République et toute cette nébuleuse, parce que l’islam serait la religion des dominés […] ». [4]

Voyez ce Mélenchon qui s’en prend maintenant aux Tchétchènes. Comme s’il n’y avait que ceux-là pour commettre des crimes islamistes. N’y avait-il pas toutes sortes de gens pour combattre avec l’État Islamique en Syrie ou commettre des crimes en France même ? Y compris des français d’origine passés parfois sans transition de l’église à la mosquée ? Quand des gens comme Mélenchon, le soumis, ont faussé profondément l’analyse des faits on ne peut s’étonner qu’il en soit réduit à la fuite dans ces élucubrations. Condamner les islamistes dans les discours que nous tenons et dénoncer les impostures de cette frange de politiciens (malheureusement majoritaire à gauche) qui nous assène depuis des lustres son idéologie, c’est le minimum que l’on puisse faire aujourd’hui.

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Tous ces progressistes croient-ils que l’Histoire va de toute façon dans le sens de la réalisation du Bien et que, en conséquence, l’islamisme est amené à s’estomper et à disparaître ? L’islamisme n’étant plus qu’un détour pour parvenir au Bien qui est de toute façon inévitable. C’est tout à fait possible tant aujourd’hui le délire de la bien pensance est grand !

(lire l’article sur le Progressisme: http://faut-le-dire.fr/index.php/2019/09/05/progressisme/)

Les progressistes croient à cette émancipation … obligatoire, qu’ils voient au bout du chemin, et pensent tout ce qui se passe en fonction de cette destinée (obligatoire) ils ne peuvent pas envisager que celle-ci ne nous attende pas. Leur credo, en quelque sorte, c’est que l’Occident est l’avenir du monde. Et que nous serons conviés au festin…. tous ensemble, bien sûr. Or, il y a quelque chose qui « distingue radicalement les djihadistes actuels des combattants anticolonialistes ou de l’ultra-gauche militarisée », c’est à dire la plupart des anciens opposants : ceux-là n’utilisent pas les valeurs occidentales dans leur lutte contre l’Occident. Comme le faisait aussi Mandela dans son combat contre l’Apartheid, ou les dictateurs nationalistes arabes pendant longtemps. Ces valeurs de l’Occident, « ils les vomissent. » [5]

Aujourd’hui les islamistes combattent la « domination » de cet Occident au nom de leurs valeurs à eux, n’ayant rien à voir avec celles de cette Europe où parfois ils vivent mais qu’ils exècrent ; il est vraiment stupide de penser que, parce qu’ils s’opposent aux valeurs de la civilisation européenne, ils s’opposent par conséquent au capitalisme. Et qu’il y a donc quelque chose de libérateur dans leur combat ! Ils ne se battent ni pour la liberté ni pour l’émancipation. Il faut toute la dialectique niaise d’un Badiou pour affirmer, sans rire, que, au contraire, les islamistes, dans leur combat, ne manifestent rien d’autre qu’un « désir d’Occident » !

Les progressistes voyaient en Charlie Hebdo d’indigestes racistes ; c’était, en 2015, l’opinion du « révolutionnaire »‘invisible’ Julien Coupat qui n’imaginait pas qu’affronter le monde capitaliste ne puisse pas être le fait de quelqu’un de bien. Aujourd’hui, après l’assassinat du professeur, on peut se demander ce qu’il pourra trouver de détestable chez ce professeur.

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Les progressistes pensent le plus souvent que cet affrontement avec l’islamisme a des sources bien françaises (ou occidentales): la banlieue abandonnée, les discriminations et le racisme « systémique » en France comme dans tous les pays dits « blancs ». Or, l’action des islamistes va bien au-delà. Il s’agit d’un combat planétaire contre le Mal … qui est précisément l’Occident.

Et l’on découvre là ce que les progressistes de tous poils ont de commun avec les djihadistes. Les deux camps veulent la réalisation universelle du Bien. Chacun le sien, bien sûr. Mais enfin pour l’instant il y a quelques lignes de fuite communes. Dans les deux cas, il faut favoriser le melting pot universel derrière leurs valeurs. Amener le règne indiscutable et mondial du Marché pour les progressistes. L’idéal religieux de la Charia dans l’autre camp. Les deux privilégient une opposition tenace aux communautés politiques décidant de leur sort et s’opposant tant aux injonctions divines qu’au marché. Il est temps de préciser que notre camp, il est là ! Ce monde où nous vivons a vu l’éclosion des Lumières et du libéralisme mais aussi de l’idée socialiste et de la lutte pour l’émancipation, les critiques du Spectacle et de la société industrielle ; avec tous ces outils, nous devons chercher l’issue face aux problèmes posés par ce mouvement islamiste.

Aristide Durutte, 20 octobre 2020

[1] «...tout comme nous condamnerons toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.» https://www.questionsdeclasses.org/?Drame-de-Conflans-78-solidarite-et-dignite
[2] On a le droit de critiquer l’islam (la loi française est ainsi faite ! Héritiers des Lumières on peut critiquer des idées) mais pour une frange de journalistes, d’intellectuels et surtout de musulmans – 60% des jeunes musulmans font passer la loi religieuse avant la loi civile ! – c’est tout simplement une atteinte aux musulmans eux-mêmes. Alors...
[3] il faut préciser que, contrairement à ce que des sites ont pu écrire, ce n’est pas Maryam Pougetoux, emmitouflée dans son foulard, qui a été sifflée et brocardée (... pour son foulard, sous entendu, et par islamophobie, ...encore sous entendu) mais bien la présidente du syndicat Mélanie Luce, qui n’arborait que sa sotte idéologie. Mais aucun signe religieux.
[4] Christophe Naudin « Journal d’un rescapé du Bataclan. Être historien et victime d’attentat. » Ed. Libertalia.
[5] Jean Birbaum, la religion des faibles. Ed. Seuil.

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